Agent IA local sur ClickUp : les 5 tâches que Hermes fait à notre place, et les 3 que nous gardons humaines
Un agent sur une machine du bureau, un modèle qui n’en sort jamais, et ClickUp qui se tient enfin à jour. Ce qu’il fait seul, ce qu’on lui interdit, et les règles qui rendent le tout tenable.
Hermes est un agent IA qui tourne sur un Mac du bureau avec un modèle local et travaille dans ClickUp comme un membre de l’équipe : il transforme les emails support en tickets, résume, relance, met à jour les fiches et agit quand on le mentionne. Les réponses sensibles et les devis restent humains.
Au sommaire
Pourquoi un agent local plutôt que l’IA intégrée de ClickUp
ClickUp est notre outil de référence : tickets clients, projets, temps passé. Son problème n’est jamais la fonctionnalité qui manque, c’est la discipline qu’il exige. Une relance oubliée, un statut resté sur « en cours » pendant trois semaines. L’agent décrit ici ne fait rien de spectaculaire : il fait la partie ingrate, à chaque fois.
Peu de PME en sont là. Selon les données publiées par Eurostat sur l’usage de l’IA dans les entreprises, extraites en décembre 2025, 19,95 % des entreprises européennes de dix salariés et plus utilisaient l’IA en 2025, contre 13,48 % un an plus tôt, et seulement 17 % des petites entreprises contre 55,03 % des grandes. Parmi les utilisatrices, 31,05 % s’en servent pour organiser des processus administratifs ou de gestion, le terrain de ClickUp.
ClickUp propose sa propre IA : d’après sa documentation officielle, une option des forfaits payants, facturée par membre et par mois, qui donne accès à des modèles comme ChatGPT ou Claude sans quitter l’outil. C’est souvent le bon choix.
Nous avons pris une autre voie pour deux raisons. Nos tickets contiennent des accès à des sites, des incidents en cours, des éléments de facturation, et nous ne voulions pas les faire transiter en plus par un fournisseur d’IA. Un traitement qui reste au bureau n’ajoute aucun prestataire à encadrer, ce qui simplifie la documentation attendue par la CNPD. La seconde raison est économique : une option par membre s’additionne chaque mois, une machine déjà présente ne coûte que l’électricité. Nous n’avons pas de chiffre d’économie mesuré.
Hermes, concrètement : ce qui tourne au bureau
Hermes n’est pas un logiciel que nous avons écrit. C’est Hermes Agent, un projet open source sous licence MIT publié par Nous Research. Sa documentation officielle, consultée en septembre 2026, le décrit comme un agent qui apprend en travaillant : il crée des compétences à partir de ce qu’il fait, garde une mémoire d’une session à l’autre, embarque un planificateur, se connecte à plus de vingt messageries et parle le protocole MCP pour brancher des outils tiers. Nous l’avons installé tel quel, puis configuré.
Le modèle qui réfléchit derrière est Qwen 3.6, 35 milliards de paramètres à mélange d’experts, servi par Ollama sur un Mac du bureau. Ce modèle à poids ouverts, sous licence Apache 2.0, n’active qu’une fraction de ses paramètres à chaque mot produit, ce qui le rend exploitable sur une seule machine. Aucune requête ne sort de cette machine.
Le branchement tient en trois pièces : un compte ClickUp propre à Hermes, invité avec des droits d’édition sur nos listes de tickets ; un serveur MCP pour lire et écrire ; un webhook qui le prévient dès qu’un commentaire le mentionne ou qu’une tâche lui est assignée.
Les cinq tâches que Hermes fait à notre place
| Tâche | Déclencheur | Ce que Hermes produit | Qui garde la main |
|---|---|---|---|
| 1. Emails support en tickets | Chaque email entrant | Ticket dans la bonne liste, urgence, responsable, accusé de réception | Le responsable du ticket |
| 2. Résumés et comptes rendus | Heure fixe | Point des tickets ouverts, retards, nouveautés | Chacun lit |
| 3. Relances et escalades | Ticket sans mouvement | Rappel, escalade vers un humain, clôture proposée | Le responsable, puis la direction |
| 4. Statuts, champs et temps | Action réalisée | Statut, champs, temps suivi, commentaire | Relecture à la facturation |
| 5. Action à la demande | Mention ou assignation | Recherche, synthèse, avancement, proposition de réponse | La personne qui l’a mentionné |
1. Les emails support deviennent des tickets
Chaque email reçu sur la boîte support est classé selon une table que nous avons écrite : site web, print, administratif ou développement. Hermes fixe l’urgence, assigne le responsable et envoie un accusé de réception dans la langue du client, qui nomme la personne en charge et annonce un délai que nous pouvons tenir.
2. Le point du matin arrive sans que personne ne l’écrive
Le planificateur intégré envoie des comptes rendus à heure fixe sur la messagerie de l’équipe : ce qui est arrivé, ce qui traîne, ce qui a été livré. Leur valeur tient au fait qu’ils existent tous les jours.
3. Les relances ne dépendent plus d’une mémoire humaine
Un ticket sans prise en charge au delà du délai fixé remonte vers la direction. Un ticket résolu depuis deux jours ouvrés reçoit un message de clôture. Si le client répond sur un ticket fermé, Hermes rouvre le même ticket et prévient le responsable.
4. Les statuts, les champs et le temps suivent la réalité
À chaque action, Hermes met à jour le statut, les champs et le temps suivi, et laisse un commentaire qui dit ce qu’il a fait et pourquoi. La facturation de fin de mois s’appuie enfin sur des fiches fidèles.
5. On le mentionne, il agit
Mentionner Hermes dans un commentaire ou lui assigner une tâche suffit pour qu’il agisse : chercher une information, préparer une synthèse, proposer une réponse, faire avancer un sujet en attente. Il répond dans le fil de la tâche, et la personne qui l’a mentionné garde la décision.
Les trois tâches que nous gardons humaines
Un agent qui fait tout est un agent qu’on finit par débrancher. Nous avons donc écrit ce que Hermes ne fait pas.
Répondre à un client en dehors d’un modèle validé. Email ambigu, client mécontent, menace de résiliation, sujet juridique : le ticket est créé, une personne est alertée immédiatement, aucune réponse automatique ne part.
Poser un diagnostic technique ou prendre un engagement. Hermes n’avance jamais de cause probable pour une panne, ne promet jamais un délai plus court que le délai standard, et ne décide de rien en matière de prix, de fiscalité ou de droit.
Traiter une demande commerciale. Un nouveau besoin ou une demande de devis n’est pas un ticket : Hermes le transfère avec son contexte à la personne chargée du commerce, et s’arrête là. Il n’a d’ailleurs jamais le droit de supprimer une tâche.
La règle du doute. Quand une situation ne rentre dans aucune règle, Hermes ne tranche pas : il pose la question en commentaire, mentionne le responsable et passe à la suite. Une question de trop ne coûte rien.
Les règles qui rendent l’agent tenable
Dans un communiqué de juin 2025, Gartner prévoit que plus de 40 % des projets d’IA agentique seront abandonnés d’ici fin 2027, pour des coûts qui dérapent, une valeur métier floue ou des contrôles de risque insuffisants. Notre réponse n’est pas technique, elle est procédurale.
| Règle | Ce qu’elle impose | Ce qu’elle évite |
|---|---|---|
| Interrupteur d’arrêt | Une étiquette « pause » sur une tâche de contrôle l’arrête au prochain passage | Couper la machine en urgence |
| Niveaux d’autonomie | Supervisé : tout message sortant attend en brouillon. Autonome : envoi direct, depuis des modèles validés seulement | Un texte improvisé envoyé à un client |
| Identifiant de message | Chaque email traité laisse son identifiant sur le ticket | Les doublons quand un passage est rejoué |
| Périmètre d’écriture | Listes de tickets, liste des prospects et journal, rien d’autre | Une modification ailleurs dans l’espace de travail |
| Journal signé | Une ligne datée par passage : actions, cibles, résultat | Ne plus savoir qui a fait quoi |
Hermes démarre en mode supervisé : ses messages attendent en brouillon dans le ticket jusqu’à un accord explicite. Le mode autonome se gagne après une période sans correction, et se perd de la même manière. Chaque correction humaine est consignée dans son journal.
Par où commencer dans votre PME
La bonne question n’est pas « quel agent choisir », c’est « quelle tâche lui confier en premier ». Vos demandes doivent arriver à un endroit connu : un agent ne trie pas ce qu’il ne voit pas. Choisissez ensuite une tâche répétitive et à faible risque, comme l’accusé de réception et le classement. Nommez enfin la personne qui valide les sorties pendant la période supervisée : sans valideur, pas de confiance.
Pour une PME luxembourgeoise, le financement change la décision. Le programme SME Packages AI décrit sur guichet.lu, page mise à jour en mars 2025, couvre l’intégration d’outils d’IA dans les processus de l’entreprise à hauteur de 70 % des coûts éligibles, pour un projet compris entre 3 000 et 25 000 euros hors TVA, soit une aide maximale de 17 500 euros, réservée aux PME établies au Luxembourg.
Un agent qui tourne au bureau ne change rien pour un collègue frontalier qui travaille depuis la Belgique ou la France : c’est la machine, pas le collaborateur, qui traite les données. Nous détaillons cette logique dans notre article sur l’IA locale en entreprise, et le choix de l’outil dans celui consacré au CRM qui reste vide. Notre équipe automatise ce type de processus pour des PME du Luxembourg et de la Grande Région.
Questions fréquentes
Faut il une machine hors de prix pour faire tourner un agent local ?
Non. Le modèle que nous utilisons tourne sur un Mac portable récent doté de 32 Go de mémoire unifiée. Choisissez d’abord les tâches et le modèle, puis dimensionnez la machine, pas l’inverse.
Hermes remplace t il l’IA intégrée de ClickUp ?
Non, il répond à un autre arbitrage. L’IA intégrée tourne dans le cloud et se paie par membre. Un agent local tourne sur votre matériel et ne fait sortir aucune donnée pour réfléchir. Les deux peuvent coexister.
Que se passe t il quand l’agent se trompe ?
En mode supervisé, l’erreur reste dans un brouillon que personne n’a envoyé. En mode autonome, il ne peut envoyer que des textes issus de modèles validés. Dans les deux cas, l’interrupteur d’arrêt le stoppe au prochain passage.
Vos clients savent ils qu’un agent leur écrit ?
Oui. Chaque accusé de réception indique qu’il a été préparé par un assistant automatisé et nomme la personne qui traitera la demande.
Un agent local est il conforme au RGPD par construction ?
Il simplifie la conformité sans la garantir : pas de prestataire supplémentaire à encadrer, mais vous restez responsable du registre des traitements, de l’information des personnes et des durées de conservation. Nous ne sommes pas juristes, faites valider un traitement sensible par votre conseil.
Peut on faire la même chose avec Notion, Jira ou Trello ?
Oui, dès que l’outil expose une interface officielle et, idéalement, un serveur MCP. La valeur tient aux règles écrites, à la table de routage, aux modèles validés et aux niveaux d’autonomie.
Vos tickets et vos tâches vous échappent ?
Nous regardons comment vos demandes arrivent, ce qu’un agent pourrait reprendre sans risque et ce qui doit rester humain, puis nous vous disons par quelle tâche commencer. Diagnostic sans engagement, pour les PME du Luxembourg et de la Grande Région.
Sources
- Eurostat, Use of artificial intelligence in enterprises, données extraites en décembre 2025.
- ClickUp, Qu’est ce que l’IA de ClickUp, centre d’aide officiel, consulté le 11 septembre 2026.
- Nous Research, documentation officielle de Hermes Agent, consultée le 11 septembre 2026.
- Gartner, Gartner Predicts Over 40% of Agentic AI Projects Will Be Canceled by End of 2027, communiqué du 25 juin 2025.
- Guichet.lu, SME Packages AI, page mise à jour le 11 mars 2025.

Radu Ulea est un expert en marketing digital, fort de plus de 10 ans d’expérience dans le domaine. En 2017, il a fondé AR Digital, une agence de marketing 360 basée au Luxembourg, qui accompagne des clients à travers l’Europe. Sous sa direction, l’agence a développé une expertise approfondie en SEO, SEA et génération de contenu, offrant des solutions sur mesure pour optimiser la visibilité en ligne et la performance des entreprises. Avant de créer AR Digital, Radu a occupé des postes clés dans diverses entreprises, où il a affiné ses compétences en stratégie digitale et en gestion de projets complexes. Son approche centrée sur le client et sa capacité à anticiper les tendances du marché font de lui un leader reconnu dans le secteur du marketing digital.